Alors que des centaines de personnalités - dont le président autrichien, Heinz Fisher, et le gouverneur de Californie, (autrichien de naissance) Arnold Schwarzenegger - assistaient aux funérailles symboliques de Simon Wiesenthal organisées dans le cimetierre de Vienne, avant le depart de sa dépouille vers la Terre Sainte, seul le rabbin et le vice-ministre des affaires sociales, Mikaël Melchior, étaient présents pour représenter l'état d'Israël à Hertzlya le 23 septembre dernier.
L'absence d'autres personalités politiques israéliennes * a été d'autant plus remarquée, que de nombreux représentants et ambassadeurs étrangers avaient tenu à participer à l'enterrement du chasseur de nazi au cimetierre de Hertzlya, parmi lesquels les ambassadeurs allemands, autrichiens, anglais, polonais, italiens, américains et russes.
Le maire d'Hertzlya a manifesté sa déception face à l'absence du Premier ministre, Ariel Sharon et du président Moshé Katsav.
Le docteur Efraïm Zuroff, directeur du centre Simon Wiesenthal, situé à Jérusalem, a également fait part à Guysen Israel News de l'ampleur de son mécontentement : "C'est une honte pour Israël que de ne pas avoir rendu l'hommage dû à cet homme hors du commun".
Zuroff avait précédement dénoncé le manque de moyens mis à la disposition de Wiesenthal par Israël pour sa traque contre les nazis, sans nier cependant que l'état hébreu "avait néanmoins un grand respect pour l'homme".
Efraim Zuroff, historien et chasseur de nazis depuis 25 ans a vécu l'un des plus beaux moment de sa carrière lorsqu'en 1999, Dinko Sakic fut condamné à 20 ans de prison à Zagreb. Depuis des années, il pourchassait en effet celui que l'on savait être l'un des derniers commandants de camps nazis.
Lors de la guerre en Croatie, Sakic fut également tenu pour responsable de la mort de plus de 2000 personnes. Lors du jugement, le frère d'une victime s'approcha de Zuroff pour le remercier de ses recherches, essentielles dans la capture de l'ancien meutrier. Un moment de pur bonheur.
"C'est Simon qui me dirigea vers cette carrière, car initialement j'envisageais une voie beaucoup plus universitaire. Pourtant j'ai rapidement réalisé que je préferais être actif dans ce domaine" confie t-il en ajoutant : Mes parents son nés aux USA, mais l'oncle de ma mère fut assassiné dans les camps, je porte d'ailleurs son nom : 'Ephraim' ".
Le centre Simon Wiesenthal d'Israël, s'occupe principalement de dépister et de dénoncer toute forme d'antisémitisme dans le monde, et notamment au sein de la mouvance islamiste extrémiste.
Financé par des dons, le centre se concentre actuellement sur une action originale intitulé 'dernière chance' (www.operationlastchance.org) et lancée dans 9 pays : Allemagne, Lituanie, Latvie, Estonie, Pologne, Roumanie, Autriche Croatie et Hongrie. Une prime de 10 000 euros (une fortune dans ces pays) est en effet offerte à toute personne suceptible de fournir des renseignements sur des anciens bourreaux nazis. "Simon avait donné sa bénédiction pour cette opération dans une lettre particulièrement émouvante qu'il nous avait adressé. 400 noms de suspects ont d'ores et déjà été recensés, 81 d'entre eux ont été cités à comparaitre et deux arretés d'expulsion ont été prononcés".
"Il y a encore de nombreux criminels à poursuivre" explique Zuroff. "Avec près de 6 millions de victimes dans plus de 19 pays différents, vous imaginez combien de personnes peuvent être impliquées ?!"
Quand on lui demande comment il envisage l'action Wiesenthal dans l'avenir, Zuroff ne fait pas de détour : "malheureusement l'antisémitisme n'est pas près de s'éteindre, et je crains que nous ne manquions pas de travail dans ce domaine. Car même si l'antisémitisme fait moins parler de lui en France par exemple, qui peut assurer qu'il ne réapparaitra pas avec encore davantage de vigeur d'ici 1 ans ?"
* L'ancien ministre des affaires de Diaspora, Nathan Sharansky ainsi que Zeev Bielsky ont assisté aux funérailles de Simon Wiesenthal.
Guysen Israel News, 27.09.05
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