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Après Aloïs Brünner, il est le deuxième criminel
nazi le plus recherché au monde. La traque d’Aribert Heim, en fuite
depuis quarante-trois ans, est peut-être sur le point de toucher
à sa fin. Ancien SS d’origine autrichienne, surnommé «Doktor Tod»
(«docteur la mort», en allemand), il fut le médecin-chef du camp
de Mauthausen. Il aurait aujourd’hui 94 ans, et pourrait se cacher
à San Carlos de Bariloche, en Argentine.
Joint par téléphone, Sergio Widder, représentant du centre Simon Wiesenthal à
Buenos Aires, affirme que «les indices se multiplient». Deux millions
d’euros ont ainsi été découverts, au nom de l’ancien nazi, dans
des banques berlinoises, sans jamais été réclamés par ses enfants
au titre de l’héritage. Par ailleurs, sa fille, Waltraud Böser,
64 ans, qui vit depuis trente ans au Chili dans la ville de Puerto
Montt, frontalière avec l’Argentine, se rend régulièrement à Bariloche
depuis des années… Enfin, de nombreux témoins ont récemment affirmé
avoir croisé un homme dont la description correspondait à celle
Heim.
Injections létales. En 2002, Efraïm Zuroff, historien
et dernier grand chasseur de nazis, a lancé l’opération «Dernière
chance». Selon lui, des centaines d’anciens nazis seraient encore
en vie. Zuroff poursuit Heim sans relâche depuis vingt-cinq ans,
enquêtant depuis 2006 en Amérique du Sud avec l’aide d’une unité
spéciale de la police allemande. Il a diffusé très largement son
portrait-robot, et organise des conférences de presse afin de sensibiliser
l’opinion argentine au cas de Heim.
Redouté pour ses expériences abominables sur les
détenus - interventions sans anesthésie, mesure (chronomètre en
main) de la rapidité d’injections létales effectuées directement
dans le cœur des prisonniers -, il aurait tué des centaines de
déportés. Intégré à la Waffen-SS en 1941, Heim avait été arrêté
en 1945 par les Alliés, avant d’être relâché deux ans plus tard,
à la faveur de la guerre froide, sans avoir été jugé.
«Mort». Installé en Allemagne comme médecin, il
était sur le point d’être capturé en 1962, quand il passa dans
la clandestinité. Sa présence a été signalée à plusieurs reprises
en Espagne, en Egypte, en Uruguay… Jusqu’à sa soi-disant «mort»
d’un cancer en Argentine, déclarée par sa famille en 1993.
Mais Efraïm Zuroff est sûr du contraire. Caché
sous une fausse identité, Heim résiderait dans la station de San
Carlos de Bariloche, un lieu de villégiature très prisé des Argentins
avec ses chalets de montagne et ses eaux claires. Depuis la fin
de la guerre, la station aurait été un véritable sanctuaire pour
plusieurs des nazis ayant fui l’Europe. Zuroff et Widder ne disposent
d’aucun pouvoir de police, mais ils affirment avoir «entièrement
confiance» dans les autorités argentines avec qui ils disent être
en contact étroit. Le temps est compté.
liberation.fr
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