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BUENOS AIRES, 28 novembre (IPS) - Le Centre Simon Wiesenthal vient
de lancer une opération dite "de
la dernière chance" pour retrouver en Amérique du Sud des responsables encore en vie de crimes nazis
commis durant la seconde guerre mondiale, parmi lesquels figure
le médecin autrichien Aribert Heim, soupçonné d’être réfugié
en Argentine ou au Chili.
Le directeur du Centre Simon Wiesenthal, Efraim Zuroff, a annoncé mardi lors
d’une conférence de presse à Buenos Aires qu’il avait décidé d’offrir
10.000 dollars de récompense (environ 6.720 euros) à toute personne
qui livrerait une information essentielle menant à l’arrestation
d’un des criminels nazis recherchés par le Centre depuis la fin
de la guerre. Dans le cas du docteur Aribert Heim, cette somme
se montera à 520.000 dollars, soit près de 350.000 euros, a-t-il
ajouté.
Sous le régime hitlérien, Aribert Heim, qui serait
aujourd’hui âgé de 94 ans, a travaillé comme médecin pour les camps
de concentration de Sachsenhausen et Buchenwald, en Allemagne,
et de Mauthausen, en Autriche, où il était chargé d’administrer
des substances mortelles directement dans le cœur des prisonniers,
afin de les tuer plus rapidement. Il est l’un des criminels de
guerre les plus recherchés par le Centre Simon Wiesenthal avec
l’autrichien Alois Brunner, le bras droit d’Adolf Eichmann et l'un
des architectes de la solution finale, qui serait réfugié en Syrie.
"Pour Aribert Heim, toutes les pistes
mènent en Amérique du Sud », a affirmé mardi Efraim Zuroff. « Nous
savons que sa fille vit au Chili et qu’il a également de la famille
en Argentine", a-t-il précisé. En 2004, la police de Berlin a découvert un compte à son nom
dans un établissement de la ville, avec environ un million d’euros
en dépôt qui n’a jamais été réclamé. Le directeur du Centre Simon
Wiesenthal n’exclut pas que le criminel soit aujourd’hui caché
par l’un de ses enfants ou de ses petits-enfants en Amérique du
Sud.
En 2002, le Centre avait déjà lancé une opération
de la dernière chance dans trois pays baltes, la Lituanie, la Lettonie
et l’Estonie. Un an plus tard, celle-ci avait été étendue à la
Pologne, à la Roumanie et à l’Autriche, puis à la Croatie, à la
Hongrie et à l’Allemagne. L’Amérique du Sud est la dernière étape
de cette opération. Après 1945, de nombreux criminels de guerre
ont notamment fui vers l’Argentine, où ils vivent aujourd’hui sous
une fausse identité. D’après le Centre Simon Wiesenthal, cette
opération de la dernière chance a permis, l’an dernier, l’arrestation
et la condamnation de 21 ex-responsables nazis et 64 enquêtes sont
encore en cours.
Lors de son séjour en Argentine, Efraim Zuroff
a également rencontré le ministre argentin des Affaires intérieures,
Anibal Fernandez, pour s’assurer de la collaboration de son pays.
Au cours des vingt dernières années, l’Argentine a arrêté plusieurs
criminels de guerre sur son territoire, dont Josef Schwammberger,
qui commandait plusieurs camps de travail forcé près de Cracovie,
en Pologne, et qui a été livré à l’Allemagne en 1987. Le capitaine
de la Waffen SS, Erich Priebke, qui dirigeait les forces de police
allemandes en Italie, a également été arrêté en Argentine, puis
extradé vers l'Italie pour y être jugé.
ipsnouvelles.be
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