mercredi 5 décembre 2007 19:40 GMT
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  AMERIQUE DU SUD-JUSTICE:
Opération de la dernière chance contre des criminels nazis
Marcela Valente
 
 


BUENOS AIRES, 28 novembre (IPS) - Le Centre Simon Wiesenthal vient de lancer une opération dite "de la dernière chance" pour retrouver en Amérique du Sud des responsables encore en vie de crimes nazis commis durant la seconde guerre mondiale, parmi lesquels figure le médecin autrichien Aribert Heim, soupçonné d’être réfugié en Argentine ou au Chili.

Le directeur du Centre Simon Wiesenthal, Efraim Zuroff, a annoncé mardi lors d’une conférence de presse à Buenos Aires qu’il avait décidé d’offrir 10.000 dollars de récompense (environ 6.720 euros) à toute personne qui livrerait une information essentielle menant à l’arrestation d’un des criminels nazis recherchés par le Centre depuis la fin de la guerre. Dans le cas du docteur Aribert Heim, cette somme se montera à 520.000 dollars, soit près de 350.000 euros, a-t-il ajouté.

Sous le régime hitlérien, Aribert Heim, qui serait aujourd’hui âgé de 94 ans, a travaillé comme médecin pour les camps de concentration de Sachsenhausen et Buchenwald, en Allemagne, et de Mauthausen, en Autriche, où il était chargé d’administrer des substances mortelles directement dans le cœur des prisonniers, afin de les tuer plus rapidement. Il est l’un des criminels de guerre les plus recherchés par le Centre Simon Wiesenthal avec l’autrichien Alois Brunner, le bras droit d’Adolf Eichmann et l'un des architectes de la solution finale, qui serait réfugié en Syrie.

"Pour Aribert Heim, toutes les pistes mènent en Amérique du Sud », a affirmé mardi Efraim Zuroff. « Nous savons que sa fille vit au Chili et qu’il a également de la famille en Argentine", a-t-il précisé. En 2004, la police de Berlin a découvert un compte à son nom dans un établissement de la ville, avec environ un million d’euros en dépôt qui n’a jamais été réclamé. Le directeur du Centre Simon Wiesenthal n’exclut pas que le criminel soit aujourd’hui caché par l’un de ses enfants ou de ses petits-enfants en Amérique du Sud.

En 2002, le Centre avait déjà lancé une opération de la dernière chance dans trois pays baltes, la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie. Un an plus tard, celle-ci avait été étendue à la Pologne, à la Roumanie et à l’Autriche, puis à la Croatie, à la Hongrie et à l’Allemagne. L’Amérique du Sud est la dernière étape de cette opération. Après 1945, de nombreux criminels de guerre ont notamment fui vers l’Argentine, où ils vivent aujourd’hui sous une fausse identité. D’après le Centre Simon Wiesenthal, cette opération de la dernière chance a permis, l’an dernier, l’arrestation et la condamnation de 21 ex-responsables nazis et 64 enquêtes sont encore en cours.

Lors de son séjour en Argentine, Efraim Zuroff a également rencontré le ministre argentin des Affaires intérieures, Anibal Fernandez, pour s’assurer de la collaboration de son pays. Au cours des vingt dernières années, l’Argentine a arrêté plusieurs criminels de guerre sur son territoire, dont Josef Schwammberger, qui commandait plusieurs camps de travail forcé près de Cracovie, en Pologne, et qui a été livré à l’Allemagne en 1987. Le capitaine de la Waffen SS, Erich Priebke, qui dirigeait les forces de police allemandes en Italie, a également été arrêté en Argentine, puis extradé vers l'Italie pour y être jugé.

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